Facturation électronique obligatoire : le calendrier 2026-2027 en clair
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La réforme est-elle confirmée ?
Oui, c'est verrouillé. Un report avait été envisagé début 2025, l'idée a été abandonnée : les dates ci-dessous tiennent. Le pilote national tourne en conditions réelles depuis février 2026 avec des entreprises volontaires, et dans son guide de démarrage publié en juillet 2026 l'administration fiscale pose comme premier principe le maintien du calendrier légal. Miser sur un énième report est aujourd'hui un pari perdant.
Qui est concerné, et à quelle date ?
Toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA — y compris les micro-entrepreneurs en franchise. Deux dates à retenir :
| Date | Qui | Obligation |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Toutes les entreprises | Recevoir les factures électroniques (donc avoir choisi sa plateforme agréée) |
| 1er septembre 2026 | Grandes entreprises et ETI | Émettre en format électronique + e-reporting |
| 1er septembre 2027 | PME, TPE, micro-entreprises | Émettre en format électronique + e-reporting |
👉 En clair pour une TPE : au 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir ; un an plus tard, vous devrez aussi émettre. Faites le diagnostic en 4 questions.
Un PDF par email, c'est bon ?
Non. Une facture conforme doit être dans un format structuré du socle — Factur-X (PDF + données XML), UBL ou CII — et, entre entreprises françaises, transiter par une plateforme agréée. Le PDF « simple » envoyé par email ne comptera plus. Pour voir à quoi ressemble une facture au bon format : générez-en une gratuitement ici, sans envoyer vos données.
Quatre nouvelles mentions obligatoires sur vos factures
Au-delà du format, la réforme ajoute quatre mentions à faire figurer sur vos factures, aux mêmes dates que votre obligation d'émettre (1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI ; 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises) :
- le numéro SIREN du client lorsque c'est une entreprise — jusqu'ici, seul celui du vendeur était exigé ;
- l'adresse de livraison des biens si elle diffère de l'adresse de facturation ;
- la catégorie de l'opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux ;
- la mention « Option pour le paiement de la taxe d'après les débits » si vous avez opté pour ce régime.
Sur notre générateur : la première est déjà prise en charge — le SIREN de votre client est inscrit dans le fichier de données dès que vous renseignez son SIRET. Les trois autres ne le sont pas encore. Nous préférons vous le dire plutôt que de vous laisser le découvrir.
PPF, PDP, plateforme agréée : qui fait quoi ?
Depuis juillet 2025, les « PDP » s'appellent officiellement plateformes agréées (PA) : des opérateurs privés immatriculés par la DGFiP qui transmettent, reçoivent et déclarent vos factures. Cette appellation est désormais inscrite dans le Code général des impôts par le décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026. Plus de 130 plateformes sont agréées en 2026 — le chiffre bouge tous les mois, seule la liste publiée par la DGFiP fait foi. Le Portail Public de Facturation (PPF), lui, ne transmet pas vos factures : il gère l'annuaire central (quel SIREN est raccordé à quelle plateforme) et la remontée des données à l'administration. Conséquence pratique : chaque entreprise doit choisir une plateforme agréée. Comment choisir la vôtre →
L'e-reporting, c'est quoi ?
C'est la transmission de vos données de ventes (montants, TVA) à l'administration pour les opérations qui ne passent pas par la facture électronique : ventes aux particuliers (B2C) et clients étrangers. Cela se fait via la même plateforme agréée, aux mêmes dates que votre obligation d'émission (2026 pour GE/ETI, 2027 pour les autres).
Quelles sanctions si je ne fais rien ?
La loi de finances 2026 a durci le régime initial :
- 50 € par facture non émise au format électronique, plafonné à 15 000 € par an ;
- 500 € par transmission d'e-reporting manquante — contre 250 € auparavant — également plafonné à 15 000 € par an ;
- pas de plateforme pour recevoir : mise en demeure de 3 mois, puis 500 € ; nouvelle mise en demeure de 3 mois, puis 1 000 € — et 1 000 € de plus tous les 3 mois tant que la situation n'est pas régularisée. C'est la seule de ces amendes qui n'a pas de plafond annuel ;
- pas de sanction pour la première infraction réparée spontanément ou dans les 30 jours suivant une demande de l'administration.
Le vrai risque au quotidien n'est d'ailleurs pas que l'amende : c'est le fournisseur qui ne peut plus vous facturer, ou le client grand compte qui rejette vos factures non conformes.
La DGFiP annonce qu'elle ne sanctionnera pas : est-ce un report déguisé ?
Non. Dans son guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026, publié en juillet 2026, l'administration écrit qu'il n'y aura pas d'application des sanctions aux entreprises qui rencontrent des difficultés de mise en œuvre mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Elle précise qu'elle distinguera ces situations de celles relevant d'une inertie, d'un évitement ou d'un refus durable d'entrer dans le dispositif — et elle ajoute mot pour mot :
« Cette approche ne constitue ni un report ni une suspension de l'obligation. »
Autrement dit : l'obligation s'applique bien au 1er septembre 2026. À cette date, toute entreprise concernée doit avoir la capacité de recevoir une facture électronique. Si vous n'avez pas encore désigné de plateforme agréée, le guide demande d'engager la démarche sans attendre et de conserver les échanges qui montrent qu'elle est engagée — c'est cette trace qui fait la différence entre une difficulté de démarrage et un manquement. Ne rien faire reste un manquement.
Que faire maintenant (checklist TPE/PME) ?
- Vérifier si vous êtes concerné et quand → diagnostic en 4 questions ;
- Choisir votre plateforme agréée avant le 1er septembre 2026 → notre guide sans jargon ;
- Tester le format dès aujourd'hui : créez une facture Factur-X gratuite et regardez le XML embarqué ;
- Prévenir votre comptable et vérifier que votre logiciel de facturation suivra en 2027.
Sources officielles
- impots.gouv.fr — Facturation électronique et plateformes agréées
- economie.gouv.fr — La facturation électronique entre entreprises
- service-public.gouv.fr — Facturation électronique : les sanctions évoluent
- DGFiP — Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 (PDF)
- Légifrance — Décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 relatif à la généralisation de la facturation électronique
- Légifrance — Arrêté du 27 juillet 2026 relatif à la généralisation de la facturation électronique